DES
ADIEUX À CE MONDE
AUX
COLLINES ÉTERNELLES
LA MORT D'UN SAINT : ÉPILOGUE (4)
Immédiatement après la mort du P. Arintero, de nombreux témoignages affluèrent, en particulier celui du Père Luis G. Alonso Getino, qui le fit publier dans la revue El Debate, et dont nous donnons le texte ci-après (références de la revue à trouver).
Parmi l'ensemble des publications s'y rapportant, il convient de faire mention spéciale d'un ouvrage original, publé en 1929 et intitulé : El libro de Valdelugueros, 24 junio 1860, 20 marzo 1928 (1). Ce livre, dédié à un certain nombre d'industriels, fut réalisé à l'initiative d'une "Comission de l'hommage au Père Arintero", et financé notamment par "don Alfonso G. Fierro, natif du village de Lugueros, dernier député élu du district et généreux Mécène de tout ce qui est bénéfique pour la région" (p. 10).
Son objet, selon un commentateur, était "de rassembler et de publier dans un volume les données biographiques, les articles nécrologiques et les hommages mérités, ainsi que d'autres documents d'intérêt publiés à l'occasion de la disparition de ce glorieux dominicain. Cette publication est également enrichie de plusieurs articles consacrés au village et à la montagne de Lugueros, où la nature, ou plutôt Dieu, son créateur, a répandu à profusion les trésors de la beauté. Tout ce qui contribue à glorifier la figure des hommes illustres de la patrie mérite en vérité d'être applaudi, car c'est un témoignage de gratitude envers ceux qui nous ont précédés et un noble encouragement pour les générations qui les suivent" (2).
Le livre est présenté par ses auteurs comme "l’épilogue de l’hommage rendu au défunt, si illustre, dans son village natal de Lugueros et à León, capitale de la province" (p. 9).
Cet épilogue eut lieu le 19 septembre 1928. L'ouvrage rappelle qu'une messe de requiem s'y déroula, à 11 h 00 du matin, célébrée par le Père Elias González, dominicain, assisté de ses frères religieux les PP. Miguel Flores et José L. Tascón, avec oraison funèbre prononcée par le P. Getino, lui-même léonais. La messe fut accompagnée par un choeur de prêtres. Toute la municipalité de Valdelugueros était présente, avec son maire, don Laureano Orejas, le curé de la paroisse, don Celestino González, de nombreuses personnalités, un représentant de l'évêque, don Miguel Alvarez, des chanoine de la cathédrale de León, et un grand concours de foule. Il rappelle aussi qu'une plaque commémorative fut apposée sur la maison où est né le Père Arintero, dévoilée par l'abbé Aníbal González, professeur au séminaire de León, sur laquelle il est inscrit :
Ici naquit
l'humble et savant religieux M. R. P. Fr. Juan G. Arintero
de l’Ordre de Prêcheurs
1860 † 1928
Hommage d’admiration rendu par ses compatriotes
19-IX-1928
Le livre indique encore qu'une rue portera son nom notamment à Lugeros, qui passe devant cette maison bénie, et à León (3).
"Il y a quelque chose de tout à fait caractéristique dans cet environnement - commente l'ouvrage - où les femmes aux visages bronzés, et les montagnards endurcis vêtus de leurs habits dominicaux, s’agglutinent pour contempler la maison typique avec son blason, où les enfants de l’école, dirigés par le digne maître don Angel D. Fernández, lèvent leurs petites têtes curieuses sous la masse des sommets dont la silhouette grise disparaît dans les hauteurs. La simplicité dévouée et douce de cette foule, son admiration sérieuse, humble et cordiale, respectueuse et tendre, sont telles qu'elles émeuvent ; et l'on comprend qu'ici, comme l'a dit le poète, dans les hauteurs, l'homme s'élève vers Dieu, comme s'est élevé ce bon petit frère dominicain, si sage et si humble..." (p. 39).
La cérémonie fut suivie de différents discours très applaudis prononcés à la fenêtre surmontant la plaque, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, et dont l'ouvrage transcrit le contenu. Celui de don Anastasio Fernández, économe de Santa María (pp. 65-71), fut le premier, qui salua dans le P. Arintero "une véritable mine d'or de la Mystique, source de nourriture pour des milliers d'âmes, non seulement en Espagne, mais aussi à l'étranger". Puis se suivirent les discours du P. Elías G. Fierro, sous-prieur du couvent dominicain d'Oviedo (pp. 73-81), de don Víctor González (pp. 83-84), un propriétaire local, du P. M. Flores, prieur du couvent de Valladolid, qui lut un message du P. Adriano Suárez (futur biographe du P. Arintero), de don Demetrio Suárez, curé de Valmartinoet, qui lut un poème, de don Aurelio Calvo, prêtre léonais (pp. 85-88), au nom de la Revista del Clero Leonés, de don Miguel Alvarez, représentant de l'évêque (pp. 99-107), d'un représentant de la mairie de León, de don Lucas Díez González (pp. 117-120), jeune professeur et fils d'un neveu du Père Arintero, exprimant sa reconnaissance au nom de la famille, de don Aníbal González (pp. 121-124), un autre professeur. Ces discours furents suivis de chants et d'un banquet en plein air, qui eut lieu dans les jardins d'une maison en construction de don Alfonso G. Fierro.
(à suivre)
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(1) Tipografía de Archivos. Olózaga, 1. Madrid, 1929, 219 pp. La référenvce au mois de mars est erronée : le décès du P. Arintero a eu lieu le 20 février de cette même année.
(2) Anonyme. Tiré de : La Lectura dominical, 24 agosto de 1929, p. 560 - Cette publication hebdomadaire de 16 pages initialement, illustrée, était l'organe de l'Apostolat de la Presse, lequel regroupait des catholiques laïcs et religieux, principalement de la Compagnie de Jésus.
(3) Ce nom y existe toujours, dans un artère centrale importante, ancienne Calle del Teatro. Il existe aussi une rue Arintero à Salamanque, paradoxalement plus modeste et périphérique.
ARINTERIANA
Paris - France | 2026 | Tous droits réservés
Exposition en langue française de la vie et des œuvres du Père Juan González Arintero (1860-1928), restaurateur de la théologie mystique en Espagne, grand directeur d'âmes et apôtre de l'Amour Miséricordieux.
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